Quatre mois après sa création, le fablab de Castres-Mazamet, laboratoire de fabrication numérique sort ses premiers projets collaboratifs. Formation sur Arduino, essais de fabrication 3D pour des associations et bouillonnement étudiant au menu.
Innofab, le tout premier laboratoire de fabrication numérique sud-Tarnais est maintenant sur les rails. Avec ses 35 premiers membres, le fablab hébergé dans les murs de l’IUT packaging a attiré en l’espace de quatre mois des projets et intentions numériques croisées, avec des étudiants bien sûr, des industriels, des chercheurs mais aussi des passionnés de technologies ou d’informatique qui ne demandent qu’à partager et à apprendre.
Stephan Mongrand, directeur de l’IUT est très engagé dans ce projet : «Des entrepreneurs, techniciens, industriels sont déjà dans le projet. On avance à petits pas mais on travaille déjà par exemple sur le traitement postimpression en 3D pour rendre les pièces présentables et bien finies. On envisage la création d’une machine simple qui effectuerait du traitement par l’acétone par exemple.»
Mais Innofab , c’est aussi le début d’un bouillonnement numérique très ouvert. Les étudiants y viennent effectuer des tests d’impression 3D et testent leurs productions aux résistances mécaniques. Le fablab, c’est aussi un membre du Rail Miniature qui vient s’intéresser à la reproduction de pièces minuscules pour son réseau ferroviaire en modèle réduit. Ou encore un fabricant de médailles qui a besoin de réaliser des moules en plastique. Innofab a vu passer dans ses murs un architecte qui souhaitait fabriquer la maquette d’un bâtiment en plastique 3D.
Mais c’est aussi des rencontres d’initiation à la programmation de cartes Arduino, des modules très en vogue chez les geeks en quête d’innovations. «Pluridisciplinaire, ouvert et collaboratif» : ce sont les maîtres mots d’une équipe qui vient butiner et apporter ses connaissances. L’Innofab s’est même doté d’un réseau social en intranet (interne donc) mais ne veut surtout pas abandonner son exigence scientifique : «Notre approche ne veut pas se contenter de mettre en pratique des techniques plus ou moins bien connues du grand public. On veut comprendre. Le principe du DIY, «do it yourself», comme des logiciels libres d’ailleurs, c’est justement d’y ajouter de la science et de comprendre ce que l’on fait. Ajouter un centième de matière aux impressions 3D et mesurer l’impact sur la résistance de l’objet. C’est cela que l’on veut faire.»
Du coup, les nouvelles générations d’étudiants un peu trop «plug and play» , trouveront aussi au fablab un terrain de jeu idéal pour aller au fond des choses, par l’intermédiaire de concours par exemple ou d’appels à projets qu’ils soient technophiles, chimistes ou même commerciaux.
www.innofab.fr
Innofab est physiquement centralisé dans une salle de l’IUT packaging à côté de l’Archipel. Selon les besoins, la société BeProject à Mazamet (logiciels) ou Siréa à Mélou (électricité, automatismes) sont aussi associées et partenaires du laboratoire et peuvent mettre à disposition des compétences qui leur sont propres. Sur place à l’IUT, le fablab dispose d’une imprimante 3D, d’une imprimante sur film, un scanner 3D et pas mal d’informatique dotée de logiciels adaptés.
(www.innofab.fr)
Cet atelier de fabrication numérique répond finalement aux préconisations de la MIT (Massachussetts Institute of Technologies) qui a établi une charte définissant les principes fondateurs d’un fablab. Un lieu qui s’adresse aux entrepreneurs, aux designers, aux artistes, aux bricoleurs, aux étudiants ou aux informaticiens en tout genre engagés dans une démarche.
Pour fonctionner, au-delà des compétences de ses membres, Innofab emploie un jeune homme en service civique pour faire vivre le laboratoire. Un stagiaire davantage orienté «commercial» devrait aussi rejoindre l’équipe prochainement.
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