Les commerçants de ces supports vivent des temps difficiles, face à des acheteurs séduits par les téléchargements et les nouvelles formes de plateformes musicales.
Au Marché central à Yaoundé, plus précisément au lieu-dit SHO, cette célèbre boutique de quelques mètres carrés a passé ses beaux jours. Le gérant, a dû reconvertir une partie de son commerce en site de vente de téléphones et autres gadgets électroniques. Seuls quelques rares clients à la recherche d’un CD y font leur entrée. Le temps des vaches grasses est bel et bien révolu pour la maison de distribution Shabal. En face du supermarché Casino, ou en face de la Boulangerie Calafatas, des commerçants de CD ont pris des rides, et vendent à 1.000 F, grand maximum 1.500 F des albums (précisément des copies piratées) d’artistes locaux et étrangers. C’est que les affaires ne sont plus si fructueuses. L’ère des téléchargements a pris le dessus, et beaucoup de commerçants refusent de courir le risque d’acheter des CD originaux à des sommes faramineuses, et ne pas trouver preneurs. 
Féfé et Arthur sont vendeurs de CD depuis une vingtaine d’années. Ils sont les témoins privilégiés de l’évolution de la vente de ces supports musicaux, et de la chute de la courbe commerciale. Ils font de la résistance, car le métier n’est plus ce qu’il était. Sur leurs comptoirs, se retrouvent des CD importés en majorité. C’est le plus facile à obtenir depuis la fermeture selon nos sources, de 90% des maisons de distribution à Yaoundé. « Je me procure des CD que nous appelons originaux auprès de commerçants qui font la ligne Dubaï-Singapour-Chine. Ils reviennent avec des CD d’artistes étrangers, que l’on qualifie vulgairement de CD piratés », précise Féfé. Pour les artistes locaux, les démarches sont différentes. « Avant, les artistes de makossa ou de bikutsi déposaient leurs albums dans des maisons de distribution comme MC Pop Music, la seule encore en activité ici dans la capitale. Nous nous approvisionnons auprès d’elle. Mais depuis, c’est plus compliqué. Nous traitons directement avec les artistes », confie Féfé. D’après lui, les artistes les approchent personnellement pour leur proposer un stock de CD, et les deux parties s’ent…
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