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Deuxième volet de notre série annuelle auprès de cinq jeunes du lycée des métiers des travaux publics Jean-Bertin, à Bruay-La-Buissière. Après les présentations, voici le temps du premier stage. On a retrouvé des élèves sur le terrain, heureux.
« Elle écoute, elle est intelligente, elle sait tout faire. Elle est née dedans ! »

Richebourg, le 16 novembre 2022 : Amelie Deroubaix, ici devant l’entreprise L’Avenir SAS.
Richebourg, le 16 novembre 2022 : Amelie Deroubaix, ici devant l’entreprise L’Avenir SAS. – PHOTO FLORENT MOREAU

« Elle écoute, elle est intelligente, elle sait tout faire. On a des bons stagiaires, mais elle, elle est piquée. Elle est née dedans », encense le responsable du site. Plus tard, alors qu’Amélie gare une pelleteuse. « Voyez, elle est douce, il n’y a pas d’à-coups. Elle la conduit mieux que moi. »
Amélie est en stage à L’Avenir, à Richebourg, une entreprise de location de matériel de travaux publics dont son père, petit entrepreneur de la même commune est client. Amélie connaît donc bien son lieu de stage car elle travaille très souvent avec son père et ne s’en cache pas : passionnée, elle souhaite lui succéder.
Elle est la seule fille parmi les cinq élèves que nous suivons et pour cause, elles sont une infime minorité dans son lycée. « Il commence à y avoir pas mal de femmes qui conduisent des camions, mais peu dans les travaux publics. C’est la seule que je connaisse. Il en faut d’autres, dans ce milieu un peu rustre, ça peut en calmer certains », lance son responsable. « Je ne me laisse pas faire », rassure Amélie. Elle apprécie son stage à part quand c’est un peu calme, l’après-midi. « Mon travail, c’est de laver et entretenir les machines, comme vérifier les niveaux d’huile ou les filtres à air, quand les clients ramènent les pelleteuses ou les compacteurs. »
En fin d’après-midi, elle prolonge un peu la journée en donnant un coup de main à son père. Les vacances de la Toussaint ? « On a fait du bois et on avait du matériel à nettoyer. » Elle a quand même une bonne copine pour « raconter des bêtises ». Son grand frère, Aurélien, 21 ans, est dans le métier, mais il ne travaille pas auprès de son père. Sa grande sœur, Laetitia, 23 ans, est aide à domicile. Amélie ne voit plus sa maman, mais a gardé contact. « J’étais petite, je le vis bien », raconte-t-elle avec un sourire et un naturel dont elle ne se départit jamais.
>>> Retrouvez l’épisode 1 : la rentrée
« Je me sens à ma place »

Hénin-Beaumont, le 8 novembre 2022. Lucas en stage de chantier.
Hénin-Beaumont, le 8 novembre 2022. Lucas en stage de chantier. – PHOTO MATTHIEU BOTTE

Calme, sérieux, Lucas est toujours aussi enthousiaste s’il s’agit de parler travaux publics. Ou plutôt du chantier de la rue Pasteur, à Templemars, où il travaille comme stagiaire de l’entreprise Duflot T. P. dans le cadre de son CAP conducteur d’engins, travaux publics et carrière : « On refait l’enrobé, le pavage… Là, j’aide à poser les bordures. C’est super parce que c’est exactement ce que j’apprends dans ma deuxième année de CAP. En plus, une bonne partie de ma famille travaille là-dedans, je me sens à ma place. »
C’est son ancienne entreprise qui lui a conseillé ce stage non rémunéré : « Il me manquait l’enrobé pour compléter ma formation. J’ai envoyé un CV, une lettre de motivation et ils m’ont pris. »
Fils d’un père ingénieur en informatique et d’une mère femme de ménage, Lucas est conduit tous les matins par sa famille au siège de l’entreprise, à Wavrin. « C’est tellement mieux que les cours et, surtout, que l’internat où on se sent enfermé. Là, je peux rentrer chez moi tous les soirs, voir mes copains et puis j’apprends plein de trucs la journée ! »
Sûr de son choix, Lucas vise un BTS en lien avec la conduite d’engins de chantier. Une véritable victoire pour lui qui a eu l’impression d’être « dans un cauchemar du CP jusqu’à la troisième ». « Je suis dyslexique et dysorthographique. Ils m’ont mis en classe ULIS au collège mais je n’avais rien à y faire. J’avais 18 de moyenne et, surtout, je m’ennuyais ! Heureusement, j’ai été orienté en seconde avec une assistante de vie scolaire. »
Aujourd’hui, il est heureux en cours et, encore plus, en stage. Quentin, le chef de chantier, multiplie les éloges : « Il est très intéressé par le boulot, il n’arrête pas de poser des questions. Il est sérieux, motivé, il a tout : il faut continuer comme ça ! »
« J’adore être ici, avec cette équipe ! »

Hénin-Beaumont, le 8 novembre 2022: Axel, lycéen du LP de travaux publics de Bruay-la-Buissière, en stage.
Hénin-Beaumont, le 8 novembre 2022: Axel, lycéen du LP de travaux publics de Bruay-la-Buissière, en stage. – PHOTO MATTHIEU BOTTE

Lorsque l’on retrouve Axel, il est immergé jusqu’à la taille dans un trou rue de l’Égalité à Hénin-Beaumont. Il doit placer ce tuyau d’une trentaine de kilos un peu plus vers la droite, en plein milieu du chantier consacré à l’assainissement de la rue. En s’approchant, on découvre un visage ouvert, souriant. En clair, Axel est épanoui : « J’adore être ici avec cette équipe ! Même si ce n’est pas exactement ce que je veux faire après, puisque j’aimerais conduire des engins de chantier, j’apprends plein de choses. »
C’est son troisième stage d’un mois avec l’entreprise La SADE dans le cadre de son CAP conducteur d’engins, travaux publics et carrières. C’est aussi le premier stage de son année scolaire, qu’il a dû trouver par ses propres moyens. Son rêve serait, à terme, de conduire la pelleteuse qui se trouve là-bas, de l’autre côté de la rue : « Je n’ai ni mon CACES (1) ni l’âge mais je peux espérer ! »
Pour participer à ce stage non rémunéré, Axel dort chez son grand-père à Sallaumines où l’équipe passe le prendre. « Je préfère tellement ça aux cours ! » D’ailleurs, il compte s’arrêter à la fin de l’année et ne pas partir en bac pro : « À moins que je trouve quelque chose en alternance ou si je me rends compte qu’à 17 ans, je ne pourrai avoir aucun travail. » Oui, sa famille le soutient : « Mon père est médecin généraliste à Vendin, il a compris que je n’aimais pas l’école. Je préfère conduire mes machines, c’est plus rigolo ! » Sa mère, qui travaillait dans un EHPAD, est décédée en 2020 à cause du Covid-19 : « Elle était asthmatique… » Après un court silence, Axel reprend son récit : ses vacances passées à travailler dans les jardins d’amis, son projet de devenir prof si jamais les chantiers finissaient par le lasser « vers 40 ans », sa sœur de 21 ans devenue manipulatrice radio… Pour ses collègues de chantier, Axel est un « bon gamin, gentil, sérieux, bien intégré ». Cela le fait sourire : « Puisque je vous dis que j’adore être ici ! »
1. Certificat d’aptitude à la conduite d’engins en sécurité
« C’est tellement mieux d’être ici ! »

Hugo se sent à sa place. Pour augmenter ses domaines de compétences, il envisage aussi de passer son permis poids lourd.
Hugo se sent à sa place. Pour augmenter ses domaines de compétences, il envisage aussi de passer son permis poids lourd. – Photo Séverine Courbe

Pelle à la main, Hugo dégage un tuyau qu’il faut remplacer, rue Basse, à Lestrem : « C’est la première fois que je fais de la route. Mes deux autres stages d’un mois, l’an dernier, c’était plutôt clôture et terrassement. » Ne lui demandez pas si cela lui plaît, il le dit de lui-même : « C’est tellement mieux d’être ici à travailler dehors en équipe plutôt qu’en cours assis sur une chaise ! En plus, ils me laissent un peu conduire les engins. »
Lui aussi a l’air heureux, à sa place. « Mes parents, qui ont un BTS, auraient préféré que je fasse des études supérieures comme eux. Mais ils ont vu à quel point j’ai changé en arrivant dans ce lycée, à quel point j’étais mieux, plus sérieux en classe et cela les a convaincus ! »
Pour ce stage, qu’il a trouvé seul chez l’entreprise Ducrocq, à Annezin, Hugo dort chez son père à Lestrem : « Mes parents sont séparés depuis six ans, je vois mon père le mercredi soir et le week-end. Ça se passe bien ! »
Fils d’une mère salariée chez Roquette et d’un père employé chez Staub, Hugo a un frère de 14 ans qui « s’éclate à l’école » : « Tout l’inverse de moi ! »
En dernière année de CAP conducteur d’engins, travaux publics et carrière, il vise cependant toujours un bac pro en alternance : « Il y en a un dans l’équipe, donc c’est possible ! » Et envisage même un an supplémentaire pour passer son permis poids lourd. On sent qu’il veut y arriver, ce que confirment ses collègues de chantier : « Hugo est sérieux, discipliné et il vient avec le sourire. Il y a tout ! »
« C’est ce que j’aime être dehors »

Richebourg, le 16 novembre 2022. Thibaut, ici sur un chantier à Boeschèpe.
Richebourg, le 16 novembre 2022. Thibaut, ici sur un chantier à Boeschèpe. – PHOTO FLORENT MOREAU

Pas de gants, une casquette, une polaire et un gilet fluo. Le jeune homme n’est pas frileux. Il a l’habitude, il est « toujours dehors. C’est ce que j’aime ». Quand il était petit, il allait à la ferme de son grand-père. Encore aujourd’hui, il va donner un coup de main chez un copain de son père, fermier. Chez lui, il joue à Farming Simulator, un jeu vidéo sur le monde… de la ferme. Quand il est chez ses parents, dans les Flandres, il s’occupe des poules et des lapins.
Mais ce qui le passionne, ce sont les moteurs. Les tracteurs, d’abord : il a commandé un engin de 1948 pour son Noël. Et, au-delà, les pelleteuses.
Sur le chantier où l’on va à sa rencontre, le long du cimetière à Boeschpe, il n’est pas au volant d’une pelleteuse, mais une mire à la main. « On pose l’assainissement. Je suis accompagné d’un pelleur et d’un ouvrier au sol. Ma tâche est de vérifier que tout est bien fait, de la pose au remblai », détaille-t-il. Il voit un peu de pays : sa société, TTL Liefooghe, basée à Merris, l’a envoyé à Lens pour intervenir sur une fuite de chauffage urbain ou encore à Neuf-Berquin pour le terrassement d’un plateau. Il a manié un peu la pelleteuse, mais fait surtout beaucoup d’autres choses. « Il faut savoir tout faire », justifie Frédéric Vandepitte, le chef du chantier de Boeschepe. Selon lui, Thibaut gagnerait à écouter un peu plus, « un défaut de son âge ». Mais il est « volontaire ». Tous les matins pendant les quatre semaines de son stage, il est debout à 5 heures et embauche à 7. Ni frileux ni fatigué. « C’est un courageux », nous confie un de ses collègues.
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Points clés

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  • On a retrouvé des élèves sur le terrain, heureux.
  • « Elle écoute, elle est intelligente, elle sait tout faire.
  • » Richebourg, le 16 novembre 2022 : Amelie Deroubaix, ici devant l’entreprise L’Avenir SAS.

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